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CIRET-AVT
Le deshonneur Le déshonneur , il n'y a pas d'autre mot pour qualifier ce que le colonel américain Jones et le lieutenant-colonel irakien Amir Abdolatif ont accepté d'encourir en livrant aux autorités iraniennes , voici un peu plus d'un an , un membre de l'Organisation des moudjahidines du peuple d'Iran , résident du camp d'Ashraf , en dépit des avertissements donnés par les responsables de la Résistance iranienne quant au sort qui attendait à Téhéran cet homme d'un exceptionnel courage. L'abjection , je ne trouve ni ne cherche pas d'autre terme pour caractériser la pendaison à Téhéran de deux résistants iraniens coupables de sympathies envers la seule forme d'opposition qui puisse offrir une alternative crédible et démocratique à l'ochlothéocratie au pouvoir depuis trente ans . Qu'ils aient ou non appartenu à l'OMPI , importe peu puisque Jafar Kazami et Mohammad Ali Hadj Agha'i , précisément l'expulsé d'Irak , n'avaient rien fait d'autre que de dire leur rejet du système et , en tout état de cause , ne se voyaient reprocher aucune action violente . Torturés , victimes des plus odieuses pressions comme des simulacres d'exécution , ces deux martyrs de la liberté sont morts comme ils ont vécu , en hommes . La lâcheté , comment rejeter le reproche , quand les chancelleries et les organes de presse des pays dits démocratiques oublient délibérément ces pendaisons , leur contexte , les multiples, responsabilités , leurs conséquences ? En ces premiers mois de l'année 2011 , où il est de bon ton de fustiger l'ex-président Ben Ali , l'encore président Moubarak , voire le toujours président Bouteflica , après les avoir tant choyés , notamment lors des magnifiques assises de l'Union pour la Méditerranée , nul ne songe à replacer en situation et en perspective les agissements et les fautes des uns et des autres . Les régimes autoritaires , voire les dictatures , si l'on veut aller jusque là , sont certes condamnables au regard de nos canons « démocratiques », mais aucune ne l'est au même titre et sur la même échelle que le régime iranien , qui peut justement souffler sur les braises , et attiser le mécontentement populaire , qu'il réprime si férocement quand la rue iranienne dit , elle aussi , elle la première , son rejet de la plus odieuse forme d'oppression qui puisse se concevoir . Oubliées les morts de l'été 2009 , les arrestations , les disparitions , les tortures : ce n'était pas si grave , puisque l'ordre est revenu à Téhéran et que le pétrole coule dans les pipe-lines des grandes compagnies . La politique du chien crevé au fil de l'eau , qui nous tient lieu de diplomatie , a encore de beaux jours devant elle et nous avons tout lieu d'être fiers de ce que nous sommes devenus . . |
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