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CIRET-AVT Le mot du président La deuxième chaîne publique de télévision a consacré récemment un long métrage à la tragédie des otages français au Liban. Au-delà d'une présentation chronologique des faits sans recherche des causes de ces exactions ni mise en évidence de la « spécificité » de ces enlèvements, des lacunes, et des erreurs, il est vrai inévitables quand le rédacteur ignore tout du Liban, je tiens à revenir sur un entretien qui illustre de manière quasi parfaite la légèreté avec laquelle le sujet du terrorisme peut être traité, même par des personnes réputées compétentes. Il s'agit des propos tenus par l'ancien collaborateur « es terrorisme » de François Mitterrand, le préfet Gilles Ménage au sujet de Massoud Radjavi : après avoir ironisé sur la naïveté de ses propres chefs qui tenaient le leader des moudjahidines du peuple iraniens pour un démocrate, Gilles Ménage conclut en le qualifiant sans appel de « terroriste ». Certes, cette affirmation n'est pas la première ni sans doute la dernière, mais, placée dans la bouche de quelqu'un qui sait ce que parler veut dire et qui a, de longues années durant , animé la cellule antiterroriste de l'Elysée , elle prend un poids tout particulier . Elle est donc grave, au point que je me sens en droit de demander et de me demander en quoi elle pourrait se justifier. Je reviens, inlassablement, sur la seule définition qui me paraît à la fois claire et valable du « terrorisme » à savoir la commission d’actions violentes qui ou bien visent des populations civiles ou bien exportent cette même violence. Simple, elle a le mérite de distinguer terrorisme et résistance, d'une part, et de qualifier les actes de cette nature commis par des Etats nationaux, d'autre part. Au risque de paraître immodeste, je m'en tiendrai, pour l’heure, à ma propre définition et je considèrerai sous cet angle le propos de Gilles Ménage. Que nous apprenons l'examen des faits ? D'abord que Massoud Radjavi est bien le patron de l'OMPI et même une de ses figures emblématiques. Ensuite, que l'OMPI est entrée en opposition avec le régime théocratique iranien très rapidement après l'accession au pouvoir de l'Ayatollah Khomeiny. Cette opposition s'est exprimée de diverses façons , d'abord verbales puis , face à la répression du pouvoir , par la violence . Cette violence , à laquelle chacun est libre d'adhérer ou non , ne constitue en rien une manifestation de terrorisme , parcequ'elle n'a JAMAIS visé de cibles civiles mais seulement des objectifs gouvernementaux ou militaires . La qualifier de « terroriste » revient à refuser toute légitimité à quelque mouvement de résistance que ce soit. Par ailleurs, sur le plan extérieur, l'OMPI n'a JAMAIS commis d'attentat en dehors du territoire iranien même si ses propres membres étaient la cible d'actions violentes perpétrées par les services officiels iraniens. Les assertions de l'ancien collaborateur de François Mitterrand sont d'ailleurs si peu crédibles que Madame Danielle Mitterrand elle-même manifeste son soutien à Madame Maryam Radjavi qui préside le Conseil national de la résistance iranien. Tout ceci ne serait peut-être que secondaire si, derrière ces accusations infondées et diffamatoires, il n'y avait simple ment l'honneur de résistants engagés dans un combat sans merci avec la pire dictature qui soit, l'absolutisme religieux et, mais cela préoccupe t-il quelqu'un ? le sort de tout un peuple . Juger sans connaître est assurément une tentation à laquelle nous ne nous devons pas succomber. Yves BONNET Président du CIRET-AVT
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